BIOGRAPHIE

Né le 27 Juin 1965.

Dans cette rubrique que je voulais nommer introduction, ma sœur m’a incité à publier une biographie, et si j’aime parler et échanger ; rédiger une page sur ma pomme reste pour ma part un exercice difficile. Dans tous les cas vous n’êtes absolument pas obligés de la lire. Et si par curiosité, par empathie ou pour d’autres raisons d’ailleurs, mon parcours que mes proches qualifient d’atypique vous interpelle alors ce sera  elle qui avait raison.

Les étapes

1 ère étape

Je suis né à Nancy, j’ai vécu mon enfance à Amance seul garçon autour de trois sœurs, je leur dois certainement une sensibilité exacerbée. Mes passe-temps préférés restent, les cabanes dans les bois, le foot avec les copains, les mirabelles à la fin de l’été, les champignons en octobre, et la luge en hiver. Étant le seul garçon et vivant à la campagne, mon père grand bâtisseur, qui deviendra restaurateur, m’initie très tôt à l’art du savoir faire dans tout type de domaine tout corps de métier confondu, sauf la lutherie. Mon grand père ancien agriculteur complète la formation, il m’apporte un regard sur les choses, comment comprendre ce qui m’entoure, comment rester humble et conciliant avec ce qui est. Cette leçon de vie qui souvent m’a fait sourire à l’époque, a pris toute sa dimension bien des années plus tard. Je pense souvent à lui et quand je butte sur un problème, il me susurre à l’oreille « tu n’as toujours pas compris ». J’ai bientôt onze ans et la radio  RTL tourne toute la journée,  j’ai gravé dans ma mémoire tous les tubes de l’époque cela reste un mystère pour moi. Mon instituteur adepte de la méthode Freinet  va enchanter mon enfance, un vent de liberté et d’expression autour des arts, peinture, BD, théâtre, reportages divers, musique vont éveiller bien des désirs.

2 ème étape : Les années collège

Elles me demandèrent un temps d’adaptation, et là un certain désenchantement. Je crois m’être toujours ennuyé au collège  à part en … Toujours est il que les copains et les copines prennent une place importante. D’un point de vue musical, c’est rock and roll, les Beatles sont un peu mous, les Rolling Stones guère plus rudes, non mon cœur se dirige vers un groupe plus moderne, et si je ne devais en citer qu’un ce serait Led Zepplin . Je me mets à la guitare électrique achetée d’occasion, un vieil ampli qu’on me prête, une disto, une wah wah et en avant. Je pense que les vaches d’en face en ont beaucoup souffert. Les Guitaristes de blues m’interpellent  » Muddy waters, BB King, Steve Ray Vaughan ». Des cours de musique se mettent en place au foyer Rural, un atelier de sculpture sur bois et de photo. Les trois m’intéressent.  Sinon plutôt bon élève parce que très sage, je gagne mon BEPC et mon ticket pour le Lycée.


3 ème étape : Le Lycée

Ce sera un lycée technique, là je prépare un bac F1 en construction mécanique. L’ambiance est cruellement masculine, mais les potes sont vraiment sympas. Mon professeur de dessin industriel et de mécanique est le seul à m’inspirer, par miracle je l’ai eu pendant 3 années. Je me rappelle des corrections de pièces  dessinées à la craie  en perspective au tableau à main levée, incroyable ! Un passionné qui apportait, des vieilles pompes à eau et autres ensembles démontés par ses soins.  Je ne crois pas qu’il le sache, mais si je suis devenu dans un premier temps dessinateur Projeteur, il en est en partie responsable.

4 ème étape : La vie professionnelle

Mon premier emploi se situe  à Pont à Mousson chez Phillips Eclairage, je travaille comme régleur sur un groupe de fabrication. L’entrée dans le monde industriel est un choc : les 3×8, le rendement. Le métier est intéressant. Il est difficile à maîtriser. La fabrication de lampes demande une bonne compréhension de la chauffe du verre, ainsi qu’une rapidité et une finesse dans les réglages. De ces années j’en tire plusieurs points qui vont énormément m’aider dans l’approche de mon futur métier :

  1. Trouver la source du problème
  2. Résoudre le problème, dans son contexte
  3. Placer l’utilisateur au centre du débat

Ces 3 points restent pour ma part la source qui doit alimenter la conception.

Par ailleurs la musique reste au centre des mes occupations. Je suis au Cercle Musical Créatif  Nancéen : en guitare avec Patrick Chatelain et Jean marie Viguier, Richard Paul Morellini, Hans J. Kullock, c’est aujourd’hui le MAI. Une Master Classe va chambouler mon paysage musical. Au Caveau des Dominicains 2 musiciens font une intervention. Nous sommes en 1985, il s’agit de « Bireli Lagrene avec Babik Reinhardt ». Je connaissais à peine le monde du Jazz, après leur passage plus rien ne sera comme avant, musicalement parlant. C’était un moment hors du temps avec deux musiciens hors normes, Babik, toute en éléganc, Bireli, sans qui la guitare Jazz ne serait pas ce qu’elle est. Je reste fidèle au Jazz, ce débat autour d’une trame, dans l’instant, est sans fin et  sans limite, c’est un mouvement perpétuel qui rejoint celui des astres.

J’aspire par ailleurs à la conception, je butte sur mon manque de qualification pour rejoindre un bureau d’études. Je retourne en formation pour passer une brevet de technicien supérieur. Cette formation à Colmar ne me laissera que de bons souvenirs.

Je cumule les expériences professionnelles, d’abord formateur en CAO pendant un an, puis concepteur dans une petite structure, je travaille dans différents bureaux d’études pendant deux ans comme prestataire. Puis je rejoins en 1995 une société de conception et fabrication de machines spéciales, l’objectif est atteint, enfin concevoir des moutons à 5 pattes. C’est une montagne à gravir, les connaissances nécessaires sont immenses, la marge d’erreur quasi nulle, je compense mes carences par des journées de labeur. Après avoir plusieurs fois pensé à lâcher l’affaire, je finis par dépasser mes doutes. La conception, mais plus encore la fabrication est l’accouchement d’un projet. Le bébé est là,  matérialisé sous vos yeux. Tous les éléments ignorés, omis, par inadvertance ou pas, vous sautent à la figure. Cette rigueur nécessaire, sans nul doute indispensable est une vérité : 90% des problèmes d’une machine sont liés à une carence de conception. Ceci m’a amené aux questions suivantes :

  1. As tu fait simple ?
  2. Peux tu encore simplifier ?
  3. Ton outil facilite t-il le travail de l’opérateur ?

Les éléments créés ne nous appartiennent pas ou plus, seul l’utilisateur va vivre avec , même si vous en êtes le créateur, sa vie et son utilisation vous dépassent.

Je vais ensuite travailler de 2000 à 2008 pour une autre société de conception et réalisation à Crémieu en Isère. Ex sous-traitant de mon ancienne société, le Directeur m’invite à venir les rejoindre. J’étais au service avant projet, pré-étude, chiffrage et suivi de projet. Cette expérience très enrichissante m’a permis de côtoyer beaucoup de gens dans des secteurs d’activités différents.

L’avant projet est intéressant, il permet au bout de quelques années d’entrainements, de trouver la solution sans avoir à procéder par élimination, vous mettez le doigt dessus par une sorte d’intuition, simple, juste, une vérité matérielle.

5 ème étape : vie professionnelle La renaissance

La vie nous réserve des surprises, après un passage particulièrement compliqué, je suis contraint à m’arrêter quelques temps. Les remises en cause sont profondes. Je veux allier ma vie avec ma vie professionnelle. La lutherie devient une évidence. Elle me permet de connecter l’ensemble des événements qui constituent mon vécu. Je vais en formation chez Claude Fouquet, construis des instruments, Claude m’encourage à poursuivre l’aventure. Ce passage dans son atelier est constructif et vivant, c’est une rencontre ainsi qu’une collaboration, certaines de mes idées sur le process de fabrication resteront la bas, j’en suis ravi.

J’ai rencontré d’autres luthiers, l’échange avec eux est précieux, je remercie particulièrement, Jean Marc Perrin, Jean Auray, et Franck Cheval pour m’avoir ouvert leur porte.

Aujourd’hui, le projet a pris forme, je suis installé depuis mi-juin, je remercie toutes les personnes, mes proches qui m’ont fait confiance, particulièrement ma conjointe sans elle tout cela ne serait pas, mon beau frère Olivier Ageron créateur de ce site.

6 ème étape: Epilogue

La route est longue, j’ai encore beaucoup de choses à comprendre et à découvrir. Je garde ma conscience ouverte, en état d’alerte. J’espère répondre aux attentes des musiciens qui me feront confiance. Je reste à l’arrière plan, à la source, seul le résultat final parle alors je me tais.